La gestation et naissance chez le saïga

Avant d’intégrer cette partie, il est important de prendre en compte la méthodologie d’accouplement

La période de gestation

Une fois l’accouplement effectué, la gestation prend forme immédiatement. La période de gestation des saïgas durent environ 140-150 jours (5 mois). Cette durée est confirmée par plusieurs sources scientifiques et naturalistes. Les femelles donnent naissance à un ou deux petits la 1ère semaine du mois de mai. C’est à cette période que toutes les femelles saïgas accouchent. Cette synchronisation, bien que stratégique pour la protection, augmente le risque de transmission rapide de maladies comme la pasteurellose.

Les femelles choisissent des zones ouvertes et plates, avec une végétation rase, où les nouveau-nés naissent à même le sol. À première vue, cela semble risqué : exposés, immobiles et vulnérables, les faons pourraient sembler une proie facile pour les prédateurs comme les loups ou les renards.

Cette apparente vulnérabilité est en réalité une stratégie de survie parfaitement adaptée. Les vastes étendues offrent une visibilité maximale pour la mère. Elle peut détecter les prédateurs de loin et guider son faon si nécessaire. Les petits possède un camouflage naturel (pour se fondre dans la steppe) et un comportement instinctif (quasi inné) accouplé à une odeur corporelle faible cela donne plus de mal aux prédateurs lors de la chasse. Quelques heures après la naissance, les faons sont capables de se tenir debout et de suivre leur mère, il prend donc rapidement son indépendance permettant la survie de l’espèce des saïgas.

Concept du “Predator Swamping

Le “predator swamping, consiste à saturer les prédateurs : même si certains faons sont capturés, la majorité survivent car les prédateurs ne peuvent pas tous les consommer. Ainsi, la nature maximise les chances de survie de l’espèce, en transformant une période de grande vulnérabilité individuelle en une protection collective efficace.

Nombre de petits et caractéristiques à la naissance chez le saïga

À l’heure de la mise bas, les femelles saïgas en bonne condition donnent souvent naissance à des jumeaux, et parfois même à des triplés : c’est une particularité majeure de l’espèce. En revanche, chez les femelles les plus jeunes, la portée ne comporte qu’un seul petit.
Cette capacité à augmenter rapidement leurs effectifs leur permet de compenser les pertes possibles liées au Predator Swamping.

Le saïga adopte une stratégie de reproduction “quantitative”, adaptée à un environnement à forte mortalité juvénile

Les premières semaines de vie

À leur naissance, les jeunes bovidés, de petite taille, restent fortement dépendants de leur mère. Ils constituent alors des cibles de choix pour les prédateurs, leur gestes reste très limité et ils sont fortement dépendant de l’allaitement de leur mère. La mortalité juvénile demeure élevée durant les premières semaines. Les conditions climatiques défavorables, telles que des variations brusques de température ou une disponibilité réduite en ressources alimentaires, peuvent affecter la capacité des femelles à nourrir leurs petits. Cette vulnérabilité n’est cependant que temporaire.

Les jeunes saïgas se développent très rapidement au cours de leurs premières semaines de vie, une caractéristique essentielle compte tenu du milieu ouvert de la steppe, pauvre en zones de dissimulation, auquel ils doivent faire face. Le nombre élevé de jeunes par portée, combiné à leur capacité à acquérir rapidement une certaine autonomie, traduit une stratégie de reproduction particulièrement efficace pour la survie de l’espèce. Le saïga ne mise pas sur la protection individuelle de chaque petit, mais sur une dynamique de surnombre : en saturant les capacités de prédation, une partie des jeunes atteint l’âge adulte, assurant ainsi la pérennité de l’espèce.

Facteurs influençant le succès des naissances

Les conditions climatiques constituent des facteurs essentiels à prendre en compte pour déterminer la réussite de la mise bas, ainsi que la survie des jeunes durant les semaines qui suivent. Des épisodes météorologiques extrêmes, tels que des températures anormalement basses ou des précipitations importantes, peuvent représenter une contrainte écologique sévère pour ces bovidés.

Ces conditions dégradent la qualité et la disponibilité des ressources alimentaires, appauvrissant les pâturages et réduisant ainsi les capacités des femelles à assurer une lactation suffisante et le développement optimal des plus jeunes.

La zone de mise à bas doit être ouverte pour se préparer à toute assaut des prédateurs mais faire présence d’une végétation suffisante pour permettre l’apport énergétique crucial au processus de reproduction.